Piranha 3D est un film américain sortit en 2010 réalisé par le français Alexandre Aja avec la collaboration de son partenaire de toujours Gregory Levasseur pour la société Dimension Films, filiale de la Weinstein Company.
Lors du Spring Break, un tremblement de terre secoue la ville de Lake Victoria en Arizona et ouvre une brèche dans le lac, d'où s'échappent des milliers de piranhas préhistoriques. Les jeunes étudiants venus fêter le début des vacances ne se doutent pas du danger qui les guète.
Nous étudierons Piranha 3D sous son aspect économique, de l'écriture de son scénario à sa distribution en salles et en vidéos.
I – Conditions de production
A – Scénario
Le scénario originel de Piranha 3D a été écrit en 2003 par Josh Stolberg ( qui à également écrit, par exemple, certains épisodes d'Aux frontières de l'étrange ) et Peter Goldfinger ( scénariste de Sœurs de sang pour ne citer que ce film ) pour la société Dimension Film, société de production et de distribution spécialisée dans l'horreur et la science-fiction crée en 1993 par Bob et Harvey Weinstein et, alors, filiale de leur société Miramax. Ces deux derniers misent alors sur deux français pour réaliser le film : Alexandre Aja et Gregory Levasseur qui viennent de sortir leur film « Haute Tension » chez Europacorp. Film qui est un succès moyen en France ( 110 544 entrées ) malgré son Grand Prix du film fantastique européen au Festival international du film de Catalogne. Le film marchera néanmoins beaucoup mieux deux ans plus tard lors de sa sortie aux États-Unis après avoir été revendu à Lionsgate ( 3 681 066 $ de recettes ).
« On a immédiatement accroché. Le concept était mortel : le Spring Break attaqué par les piranhas préhistoriques ! »
Ils rencontrent alors les trois producteurs du film mais l'entretien se passe mal et les deux français partent sur un autre projet.
En 2005, la société française Wild Bunch ( anciennement partie de Studio Canal ) reprend le projet2 et choisit le réalisateur Chuck Russell, plus connu qu' Aja et Levasseur pour, notamment, The Mask ou Le Roi Scorpion. Officiellement le scénario reste le même, un contrat de développement est signé et un tournage est prévu pour le printemps 2006. Mais le projet est à nouveau abandonné car le scénario est estimé à un budget entre 20 et 25 millions de dollars. Wild Bunch estime alors que le projet ne vaut pas le coup par rapport aux recettes espérées.
En 2006, Aja vient de terminer le tournage du remake de La colline à des yeux ( produit par Wes Craven ) et début le tournage de 2em sous sol de Franck Khalfoun dont il est, cette fois, producteur. Il faut noter que la première société de production à s'être occupée de La colline à des yeux était Dimension Film mais elle a abandonné le projet en cours de route, obligeant Aja, Levasseur et Craven à se tourner vers d'autres sociétés. Cet évènement étant resté en travers de la gorge à Aja, il s'était promis de ne plus jamais retravailler avec eux.
Pourtant, Dimension Film reprend le projet Piranha en 2006 et les frères Weinstein recontactent Alexandre Aja et Gregory Levasseur. Les deux français se montrent malgré tout enthousiastes car le script dont ils se souviennent leur plait et de plus la direction de Dimension a changé depuis La Colline à des yeux avec le départ de Disney. Ils se rendent hélas vite compte que le scénario n'a plus rien à voir avec celui qu'ils avaient lu trois ans auparavant. Les frères Weinstein avaient en fait récupéré une version totalement remodelée par Chuck Russell.
« nous avons donc rencontré les frères Bob et Harvey Weinstein pour parler des scènes qui nous avaient excités des années auparavant, comme celle où une nana se fait bouffer les jambes en parachute. On les voyait nous écouter et rester un peu perplexes, genre de quoi ils parlent ?. Nous nous sommes aperçus que Dimension ne connaissait absolument rien du script que nous avions aimé »
Cette nouvelle version déplait à Aja et Levasseur qui acceptent le projet à condition de pouvoir réécrire le scénario en reprenant les grandes lignes du scénario de Stolberg et Goldfinger. Ces deux derniers sont d'ailleurs ceux qui ont été nommés par la WGA pour figurer au générique du film.
« Nous leur avons dit : « ça nous intéresse, mais nous voudrions repartir du script initial que vous avez entre les mains mais qu'à priori vous n'avez jamais lu ! Laissez nous réinventer l'histoire, la rendre plus gore et injecter plus de suspens, autant que faire se peut » »
Le scénario de Piranha porte également un certain nombre d'inspirations qui le rendent familier au spectateurs, et nous y reviendrons plus tard lorsque nous parlerons de la stratégie de lancement car certaines de ces inspirations ont été utilisées comme un argument de vente. D'abord le film Piranha de Joe Dante ( 1978 ) dont il est présenté comme le remake bien qu'Alexandre Aja le réfute, l'histoire n'ayant pas de grand rapport hormis les poissons carnivores. Néanmoins le titre n'étant pas anodin, il s'y réfère directement.
Aja insiste surtout sur le fait que ses inspirations ont davantage été du côté de Gremlins ( 1984 ), toujours de Joe Dante ( « Piranha 3D est un peu notre version de Gremlins destinée aux adultes ») ou bien de Evil Dead ( 1981 ) de Sam Raimi ou encore Braindead de Peter Jackson ( 1992 ) pour le côté gore et fun.6
On retrouve également une inspiration assez évidente pour Les dents de la mer de Steven Spielberg ( 1975 ) . Toutes ces inspirations forment une sorte de pitch et placent le scénario du film comme une sorte de dents de la mer avec des piranhas.
B – Production
Les deux français repartent alors dans un projet similaire à celui de 2003 et s'associent à deux producteurs : Mark Canton ( 300 - 2006 ) et Marc Toberoff ( I-Spy - 2002 )7. Néanmoins les deux réalisateurs s'investissent également dans la production du film. Ils sont d'ailleurs cités comme producteurs au générique.
En ce qui concerne les sociétés de production, on trouve la Weinstein Compagny, société des frères Weinstein, qui est cité indépendamment et un peu en retrait de Dimension Film, tout en étant la maison mère ( Dimension est citée deux fois de suite dès le générique de début tandis que la Weinstein Company n'est citée que dans le générique de fin ). Cela s'explique par le fait que les deux maisons partenaires ont apportés leurs fonds propres pour le financement et, surtout, car il est important au niveau marketing de citer Dimension Film à part car la société est spécialisée dans les films d'horreurs et de science fiction. Elle est donc un argument de vente auprès d'un certain public, tout comme peuvent l'être à leur manière des sociétés comme Troma Entertainment pour les films gore à tendance nanar aux États-Unis ou même Hammer Film en Angleterre pour des films fantastiques gothiques ou de science fiction.
On retrouve également l'Intellectual Properties Worldwide ( comme IPW ), qui est accolée au nom du producteur Mark Canton, ce dernier étant également associé tacitement à la société Atmosphère Entertainment MM, avec laquelle il a par exemple participé à la production de 300.
À noter , la présence au générique de début de Aja/Levasseur Productions ( « en association avec », façon de citer le rôle des deux français dans la production tout en faisant écho à leurs productions précédentes : Haute tension, La colline à des yeux etc ).
Enfin on trouve la Chako Film Company, société de Chako van Leeuwen.
Parmi les producteurs exécutifs, on retrouve Vincent Maraval, Steve Barnett, Scott Fisher, Louis G. Friedman, J. Todd Harris, Ryan Kavanaugh, Alix Taylor, et surtout Bob et Harvey Weinstein, directeurs de la Weinstein Company et donc de Dimension Film et Chako van Leeuwen. Ces trois derniers ont donc un rôle double au sein de la production. Ils sont à la fois producteurs, par l'intermédiaire de leurs sociétés respectives; et producteurs exécutifs. Ils assument donc eux-même le lien entre leurs fonds ( le studio ) et le film. Ce qui leur à donc permis d'avoir un moyen de contrôle plus important sur la production. Mais cette mainmise avait ses avantages pour les deux français : « Contrairement à Fox par exemple, nous n'avons pas affaire à quinze intermédiaires avant de prendre une décision. Je suis en contact direct quasiment tous les jours avec Bob. »
« Les Weinstein nous ont laissés libres sur le scénario et le tournage »
Même avec cette mainmise, la relative liberté que les frères Weinstein ont laissé à Aja et Levasseur peut s'expliquer par un rapport de force économique : Après avoir abandonné La Colline à des yeux, Dimension Film, et donc les Weinstein ont l'ont regretté à cause du succès du film au box office ( 70 millions de dollars selon Box Office Mojo ). De plus, depuis 2005, Miramax, l'ancienne maison mère de Dimension, est séparée de Disney. Les frères Weinstein n'étaient donc pas en position de force sur ce projet.
En ce qui concerne le tournage, il aurait dû débuter fin 2008 mais à été repoussé à mai 2009 mais a duré 49 jours au lieu des 60 prévus. De par la situation géographique du tournage, Piranha participe à la Runaway Production puisqu'il à été entièrement tourné sur les rives du lac Havasu en Arizona. On peut l'expliquer par le décor naturel que représente le lac et par le grand nombre de figurants qui ont été nécessaires pour le tournage ( plusieurs milliers ). En l'absence d'une Major dans la production, le coût qu'aurait représenté un tournage à Hollywood par rapport aux cachets de ces figurants et la création d'un décor artificiel aurait été non négligeable dans le budget du film. Malgré tout, l'Arizona étant l'état voisin de la Californie, l'éloignement d'Hollywood n'est pas énorme.
En ce qui concerne la 3D, elle n'était pas prévue à la base. Mais lors de la réécriture du scénario sort le succès mondial Avatar de James Cameron ( 2 946 271 769 $ de recettes dans le monde10 ) et la 3D est alors apparue comme « une évidence » pour Aja. Il aurait alors dit à Bob Weinstein « Si tu n'utilises pas la 3D, on ne fait pas le film ». Mais si le décor naturel en plein été participe grandement à l'esthétique du film, il pose néanmoins un problème durant le tournage du film prévu en 3D : les caméras HD utilisées sont très sensibles et ne permettent pas un tournage tridimensionnel en raison de la température très élevée et des reflets du soleil sur l'eau.
« Quand tu filmes l'eau, la réflexion du soleil sur la surface change la lumière et casse l'effet 3D, même s'il y a une différence minime entre les deux yeux »
La conversion à donc du se faire en post-production avec les effets spéciaux et l'étalonnage. L'économie faite sur le décor est donc réduite par cette étape supplémentaire.
Il est à noter que l'on trouve également au générique les noms de Martin J. Barab, Justine Raczkiewicz, et David Hopwood, en tant que producteurs associés, fonction assez rarement citée dans un générique. On comprend ainsi qu'il y a eu, à la fin de la production, un dépassement de budget qui a nécessité la recherche de fonds supplémentaires, cela étant le rôle de ce type de producteurs.
Le point du montage à été celui où les frères Weinstein ont le plus intervenu, et donc celui ou Aja et Levasseur ont eu le moins de liberté par rapport au scénario et au tournage comme nous l'avons vu précedement.
« C'est à partir du montage que ça s'est compliqué. Bob veut qu'on aille directement aux scènes gore, il se fiche de l'histoire. Mais si les spectateurs ne s'attachent pas aux personnages, ils n'en auront rien à faire de les voir mourir. Alors on perd du temps en palabres. »
La durée initiale du film était de 111 minutes mais les frères Weinstein ont insisté pour que 12 minutes soient retirées au montage11. Aja n'a donc pas pu avoir le Final Cut du film, même s'il est courant de l'avoir pour les réalisateurs français, du moins lorsqu'ils tournent pour la France.
S'ils souhaitaient aller « directement aux scènes gores », les frères Weinstein ne voulaient pas de certains scènes trop sanglantes afin que le film ne soit pas destiné uniquement à un public limité et fan de gore, ce qui aurait en effet limité le nombre d'entrées et aurait pu faire classer le film en NC17 au lieu du R recherché. De plus , le budget étant serré, il fallait faire des économies au niveau des effets spéciaux.
Malgré tout, les scènes coupées représentent tout de même un futur argument de vente et elles seront réintégrées au montage lors de sa sortie DVD dans une version « uncut », les DVD n'étant pas soumis à la loi des ratings et les recettes du film permettant de réaliser les effets spéciaux manquants. Cette méthode avait déjà été utilisée par Aja pour son film La colline à des yeux.
Piranha s'affiche donc comme un film de la Runaway production indépendante avec son absence de Major dans sa production, son tournage en dehors d'Hollywood et son budget estimé à environ 24 millions de dollars ( selon IMDB et Box Office Mojo, soit moins de la moitié du budget d'un film hollywoodien moyen ( environ 60 milliards sans compter le coût de commercialisation ).
« C'est simple, toutes les œuvres avec des créatures aquatiques ont des budgets qui vont de 40 à 100 millions de dollars, car tourner sous et sur l'eau représente un sacré défi. Or, nous disposons d'un peu moins de 30 millions. »
II - Les conditions de distribution
A – Distribution du film
Aux États-Unis, c'est Dimension Films qui a distribué Piranha 3D12. L'avantage est de ne pas avoir à diviser les recettes entre plusieurs sociétés et de pouvoir utiliser l'argent dédié à la distribution dans le partage des recettes pour rembourser le film si, éventuellement, la part dédiée à la production n'est pas suffisante.
Mais cette stratégie ne s'applique ici qu'au marché américain. En effet, Dimension Films n'a pas distribué le film en dehors des États-Unis et a préféré diviser la distribution extérieure en autant de société qu'il y a de pays dans lesquels le film sera vendu :
A-Film Distribution pour les Pays-Bas
ARM Distribution pour Taïwan
Alliance Films pour le Canada
BIM pour l'Italie
Diamond Pictures pour l'Argentine (comme Diamond Films )
Entertainment Film Distributors pour le Royaume Uni
Future Film pour la Suède
Golden Village Pictures pour Singapour
Intercontinental Film Distributors pour Hong Kong
Kinepolis Film Distribution pour la Belgique
Kinowelt Filmverleih pour l'Allemagne
Movie-Eye Entertainment pour le Japon
Roadshow Films pour l'Australie
Viva International Pictures pour les Philippines
Wild Bunch Distribution pour la France
Ascot Elite Entertainment Group pour la Suisse
Central Partnership pour la Russie
Future Film pour la Finlande
Imagem Filmes pour le Brésil
Midget Entertainment pour le Danemark
Noori Pictures pour la Corée du Sud
Odeon pour la Grèce
Sundream Motion Pictures pour Hong Kong
Zon Lusomundo Audiovisuais pour le Portugal
Chaque société de distribution est ici une société locale, par exemple pour la Grèce, le film est distribué par la société grecque Odeon.
Un cas intéressant est d'ailleurs celui de la France. En effet le film y est distribué par la société Wild Bunch qui avait repris le projet Piranha en 2005 et l'avait finalement abandonné pour des raisons financières. Le distribuer est une façon de récupérer un peu de l'argent qu'ils n'avaient pas gagné en ne le produisant pas.
L'avantage de sortir le film avec cette méthode est que s'il ne marche pas dans un pays, les producteurs peuvent toujours se rabattre sur les recettes d'un autre pays. Mais dans le cas de Piranha 3D, cette méthode est également une contrainte financière car même si Dimension Films avait voulu distribuer son film partout dans le monde, il aurait fallu être implanté dans chaque pays. Cela aurait peut être été possible du temps de leur alliance avec Disney mais aujourd'hui la société n'en a plus les moyens, ce genre d'implantation étant surtout réservée aux grandes Majors ( par exemple Time Warner peut faire distribuer ses films en France par Time Warner France, au Japon par Warner Entertainment Japan Inc. Etc ).
En ce qui concerne les dates de sorties en salles : Piranha 3D est sortit dans les salles américaines le 20 août 2010. Soit en plein été, c'est en effet la période où la fréquentation cinématographique est la plus forte aux États-Unis en raison de la climatisation des salles13 . Ce phénomène ayant tendance à augmenter en France, le film est sortit le 1er septembre 2010 et non pas en hiver ( saison où la fréquentation cinématographique est la plus forte en France ).
On peut expliquer cela par la stratégie du « Day and Date » : le film sort partout en même temps pour, surtout, couper l'herbe sous le pied des pirates. Néanmoins, habituellement dans cette stratégie, le film doit sortir le même jour partout. Ici, les dates de sorties s'étendent du 20 août ( États-Unis ) au 1er octobre ( Chypre ). Cet écart montre que malgré l'effort de sortir le film à peu près en même temps dans tous les pays, Dimension n'a pas eu les moyens d'appliquer au pied de la lettre sa stratégie.
B- Stratégie de lancement
Piranha 3D a bénéficié d'une grande campagne marketing notamment sur internet. Les distributeurs ont bien compris qu'à notre époque, le meilleur moyen de diffuser des informations de façon rapide et souvent originale nécessite l'utilisation d'Internet. En effet, les producteurs ont obtenus un partenariat avec le site Excessif.com, un site spécialisé dans le multimédia et l'audiovisuel, on remarquera d'ailleurs que le critique1 du site lui a attribué la note maximale. D'autres partenariats ont été signés avec la radio et le site Skyrock, MSN Messenger et la revue Entrevue2. Le partenariat avec le magazine Entrevue est justifié par le fait que le film joue principalement sur le côté sexy grâce à la plastique des actrices, de la même manière que les partenariats avec Skyrock et MSN Messenger ont pour but de toucher le public adolescent. En effet, Skyrock est la radio la plus écouté chez les 13 ans et plus3, une cible idéale pour les producteurs puisque le film est interdit au moins de 12 ans en France. Nous pouvons ajouter que Piranha 3D est constitué d'un casting assez particulier, on y retrouve notamment des actrices pornographiques. La stratégie consistant à attirer d'abord les fans de ces actrices mais aussi et plus largement les consommateur de cinéma pornographique. En effet, cette industrie génère 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le monde dont près de 3 milliards pour les seuls Etats-Unis4. On comprend alors l'intérêt porté par cette nouvelle source de promotion. Toujours selon ce site, 5 % des recherches sur un moteur de recherche sont reliées à la pornographie soit 70 millions de requêtes par jour, ces personnes constituent donc une cible idéale pour le marketing d'un film. Il suffit de lire le sous-titre de l'affiche française du film « Sea, sex... and blood » pour comprendre que le film d'Alexandre Aja vise explicitement les amateurs d'érotisme. Néanmoins le choix de ce sous-titre démontre aussi qu'il est spécialement choisi pour sa promotion en France puisqu'il reprend les paroles de Serge Gainsbourg « Sea, sex and sun ».
Par ailleurs, il faut aussi souligner l'apparition d'un site viral à tendance érotique. En effet, un site nommé The Wild Wild Girls à été mis en ligne peu de temps après la première bande annonce de Piranha 3D. Ce site ne fait pas directement la promotion du film, mais propose des photos et des interviews des actrices par le biais d'un show mené par l'acteur Jerry O'Connell. L'aspect est volontairement parodique puisque le site imite une émission célèbre aux Etats-Unis nommée Girls Gone Wild. Le fait que le site ne mentionne pas directement le film pousse l'internaute à la curiosité et tente ainsi de trouver des informations complémentaires au sujet du film. Cette promotion que l'on pourrait qualifier de « mystérieuse » devient de plus en plus fréquente sur internet, en effet, des séries ou des films en productions font l'objet de lancement de sites viral qui dévoilent quelques obscures informations, des images voire même simplement des sons extrait des films ou séries en promotion. Nous pouvons citer J.J Abrams, créateur des séries Lost, Fringe et réalisateur du film Cloverfield sortie en 2008, qui à largement contribué à l'expansion de cette stratégie marketing constituée de jeux de pistes que les internautes doivent résoudre afin d'obtenir plus d'informations sur les films ou séries.
D'ailleurs, ce marketing viral s'est étendu aux réseaux sociaux tel que Facebook et Twitter, le film possédant sa propre page. Ce type de marketing à pour but de promouvoir le film via les internautes eux-mêmes, ces derniers partagent la page à leur amis du réseau social et diffusent très largement des informations sur la sortie du film, sa bande annonce, son casting, Ect... Cela alimente le phénomène appelé « Buzz », qui constitue un atout majeur pour la promotion d'un film.
Piranha 3D est un film « pop-corn » assumé, qui vise un public le plus vaste possible. Malgré le fait qu'il soit produit et distribué par des indépendants, le film apparaît presque comme une attraction hollywoodienne, en effet rien que le terme « 3D » explicitement mis en avant sur le titre du film constitue l'argument majeur de cette production, le film exploite ainsi le filon de la 3D initié par le film de James Cameron, Avatar. Ce dernier alimentera sans le vouloir une polémique autour du film par le fait qu'il n'hésita pas à critiquer dans la presse Piranha 3D « d'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en 3D »1. Celui-ci n'a sans doute toujours pas digéré son échec critique et commercial avec sa propre adaptation de Piranha 2 : Les tueurs volants sortie en 1981...
La promotion du film se tourne radicalement sur le côté fun, sexy et très sanglant, en effet, les arguments que l'on a pu lire dans certains magazines spécialisés avant la sortie du film sont la surenchère d'effets spéciaux sanguinolents, on a pu entendre sur ces magazines l'utilisation de 300 000 litres de faux sang nécessaire au tournage2, classant Piranha 3D comme le film le plus sanglant de l'histoire du cinéma. Les amateurs de film de film d'horreur sont donc aussi visés, à savoir le public adolescent friand de ce genre de production. Par ailleurs, le film se veut volontairement un clin d'œil aux productions des année 80, à la manière des films Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Ces films ont aussi pour but de toucher un certain public nostalgique des films d'horreur ou des série B des années 70/80, tout en ajoutant un aspect technique et moderne (la 3D) à ceux-ci. Il faut souligner l'accroche de l'affiche américaine de Piranha 3D : « This summer 3D shows its teeth », qui démontre vraiment que le métrage se veut être spectaculaire et comique, ce dernier utilisant la 3D comme seul argument de vente. L'affiche française du film témoigne de cette volonté de toucher les spectateurs nostalgiques des classiques hollywoodiens, en effet, l'affiche reprend presque à l'identique celle de Jaws de Steven Spielberg avec le requin en bas l'affiche qui se dirige vers la surface pour croquer la nageuse et celle de Piranha de Joe Dante.
Piranha 3D fait aussi parti d'une franchise initié par Joe Dante en 1978 sobrement nommé Piranha qui donna lieu à une suite réalisé par James Cameron et de nombreux téléfilms. De plus, on remarquera que la distribution des rôles est faite pour accentuée cette nostalgie des spectateurs, la stratégie permet donc de toucher le public adolescent mais aussi les adultes qui ont grandit avec ce genre de film. En effet, on retrouve dès le début du film, Richard Dreyfuss, acteur dans Jaws et survivant dans le film de Spielberg, en train de se faire déchiqueter par une horde de piranhas préhistorique. Ce clin d'œil étant déjà annoncé dans la presse, les amateurs de Spielberg iront voir le film ne serait-ce que pour voir leur acteur favoris dans un autre film de genre. De même pour les fans de Christopher Lloyd et Elisabeth Shue, acteurs dans la saga de Robert Zemeckis Retour vers le futur sortie dans les années 80/90, qui les retrouveront après des années d'oubli... Il est à noter qu'Alexandre Aja s'amuse aussi à prendre des acteurs de seconde zone voire des acteurs non-professionnel pour amplifier l'aspect parodique de son film, néanmoins les admirateurs de Jerry O'Connell, Ving Rhames et le mannequin Kelly Brook se réjouiront de la présence de leur célébrités préférés. Le réalisateur de film d'horreur Eli Roth (Cabin Fever, Hostel) fait aussi une apparition avant de se faire écraser le crâne par un hors-bord qui ravira les aficionados.
Dès lors, on constate que Piranha 3D se veut un condensé de culture populaire et cinéphile, qui vise un public vaste et de tout âge (du moins à partir de la limite d'âge imposée par la MPAA). Alexandre Aja à volontairement fait de ce film une caricature du cinéma d'exploitation pour s'amuser et amuser les gens, sans aucune prétention, c'est sans doute cet aspect qui a séduit les spectateurs du monde entier. Le manque de sérieux et le second degrés du film correspond à une certaine façon de faire des producteurs de Dimension Films, les frères Robert et Harvey Weinstein. En effet, les anciens fondateurs de Miramax Films ont déjà produit et distribué des films comme Grindhouse ou encore la franchise des Scary Movie, films à caractère parodique dont les gags sont souvent basés sur le sexe, la drogue et la violence et dont les personnages ou les histoires sont issues de remake. Par exemple, Scary Movie est une parodie du film Scream de Wes Craven et les films Grindhouse sont des parodies des productions américaines de série B voir Z des années 70/80. Le film d'Aja serait une parodie située entre Jaws et le Piranha de Joe Dante tout en étant très influencé par le cinéma gore et underground tel que Braindead de Peter Jackson ou Evil Dead de Sam Raimi. Piranha 3D est donc riche de références et n'importe quel cinéphile assidu ou spectateur occasionnel y trouvera son compte, que ce soit par le casting, l'histoire déjanté, les filles en bikini, le sang qui coule à flot...
III - L'exploitation
A -Carrière du film en salles
La sortie du film, initialement prévue pour le 16 Avril 2010, fût repoussée au 20 Août 2010. Les raisons invoquées par The Weinstein Company dans un communiqué de presse sont que la sortie de Piranha 3D serait en concurrence avec un autre film distribué par Lionsgate visant un public similaire, Kick-Ass, sorti ce même 16 Avril 2010 aux Etats-Unis1.
Piranha 3D sort donc le 20 Août 2010 aux Etats-Unis et se classe 6ème aux Box Office le week-end du 20 au 22 Aout 2010 avec 10 106 872 Dollars de recette2. Ce film réalise un faible démarrage par rapport aux autres productions de la Weinstein Company et de Dimension Films. En effet, en 2009, la companie de distribution réalise, avec Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, un démarrage de plus de 38 millions de dollars dès le premier week-end3. Toutefois, il faut préciser que ce film bénéficiait d'une co-production entre The Weinstein Company et une Major, à savoir la Universal Pictures. Inglourious Basterds est donc plus largement distribué et la promotion du film est plus dense que pour le film d'Aja, d'ailleurs le castin du film international est bien plus prestigieux (Brad Pitt, Mélanie Laurent, Daniel Brühl, Diane Kruger, Christoph Watz...), nous sommes loin des actrices pornographique de Piranha 3D. De plus, Inglourious Basterds est réalisé par Quentin Tarantino, ce qui est une forme de publicité en soi puisque son nom est un gage de qualité.
Le semi-échec de Piranha 3D au premier week-end est d'autant plus grand que le dernier film d'Aja réalise sont plus faible démarrage au box office américain, en effet, ses précédents films Mirrors (2008) avait réalisé 11 161 074 dollars de recette le week end de sa sortie4 et The Hills Have Eyes (2006) plus de 15 millions de dollars lors de sa sortie en salles5. Cet échec peut en parti s'expliquer par la note que lui a attribué la MPAA, le film se voit noté d'un « R », soit aucun adolescent de moins de 17 qui ne peut entrer dans la salle sans compagnie d'un parent. Étant donné la surenchère de sang et d'érotisme, un bon nombre d'adultes n'ont pas dû laisser leur enfants aller voir le film. Cependant, l'échec s'explique aussi par la baisse de fréquentation des salles américaines, en effet, il s'est vendu 5,4% de tickets de cinéma en moins en 2010 qu'en 20096 notamment « à cause » de la hausse des prix des places de cinéma dûe à la 3D, mais aussi par l'abus de productions de « sequel », « prequel » ou encore de remake. Bien que le film d'Alexandre Aja ne soit pas vraiment un remake, le public se sent lassé de la réutilisation abusive de certaines licences.
Néanmoins, contrairement aux États-Unis, la France à connu une fréquentation record des salles en 2010, malgré le piratage et les autres supports audiovisuels. Avec 206,5 millions d'entrées en 2010, soit 2,7% de plus qu'en 2009, la France enregistre la plus grande fréquentation dans les salles de cinéma depuis ces 10 dernières années7. Cette hausse à joué en la faveur de Piranha 3D puisque ce dernier réalise un très bon démarrage en France le jour de sa sortie, le mercredi 1er Septembre, avec plus de 52 000 entrées sur l'ensemble de la France et exploité sur 250 copies1. Le succès du film en France dépend aussi de la notation par rapport à celle des Etats-Unis, car Piranha 3D est seulement interdit au moins de 12 ans en France. Les entrées sont évidemment bien moindre face à celle réalisé aux Etats-Unis, mais le nombre de copies distribuées est considérablement différent, 250 copies pour toute la France contre 2470 copies pour les Etats-Unis.
Piranha 3D sera exploité pendant 13 semaines en Amérique du Nord et rapportera un total de 25 003 155 (au 14 Novembre 2010) de dollars de recettes, soit un peu plus que le budget de production du film qui était de 24 millions1. Le film réalisant de moins en moins de recette très rapidement, notamment de la 3ème à la 4ème semaine où le film passe de plus de 3 millions de recette à 700 750 dollars de recette, cela s'explique par le nombre de salles exploitant encore le film. En effet, de la semaine du 3 au 6 Septembre 2010 1789 salles projettent le film d'Aja alors que la semaine suivante (du 10 au 12 Septembre 2010), seulement 825 salles le diffusent, soit près de 47% des salles qui cessent de le passer. Toutefois, malgré un démarrage moins important que ces précédentes réalisations, Piranha 3D réalise le meilleur résultat sur l'ensemble des pays étrangers2. En effet, le film rapporte au total 79 779 869 dollars sur le monde entier, plus de 10 millions de plus que The Hills Have Eyes et plus d'1 million que Mirrors. La recette sexe, sang et comedie a bien mieux fonctionné dans les pays d'Europe, notamment en Angleterre et en Ireland où le film engrange près de 7 millions de dollars, en Allemagne plus de 2 millions de dollars ou encore en Belgique et Luxembourg plus de 1 million de dollars. Piranha 3D a aussi énormément marché en Russie où il a généré 9 436 745 dollars de recettes (sans doute la Russie post-communiste aime voir des jeunes Américains se faire massacrer) mais aussi en Corée du Sud où le film atteint presque la barre des 5 millions de dollars de recette3.
Le bilan d'exploitation dans les salles Américaine est donc compensé par l'exploitation des salles du reste du monde où le film a reçu un bon accueil critique. Piraha 3D se classe 10ème sur le top 10 des films les plus rentables de la Weinstein Company sur le territoire américain, devant lui se place les films, Grindhouse (2007) (9ème), Halloween 2 (2009) de Rob Zombie (7ème), Inglourious Basterds (2009) (1er)4. Le film d'Alexandre Aja achèvera sa carrière sur le territoire américain le 18 Novembre 2010, soit 91 jours après sa sortie.
B - Piranha 3D sur les autres supports
La première sortie vidéo du film à lieu le 27 Décembre 20105 soit 4 mois après sa sortie aux Etats-Unis, l'éditeur vidéo Dimension sort un Blue-Ray 3D du film. La date de sortie DVD de Piranha 3D est prévue pour le 23 Février 2011 en France, soit 6 mois après sa sortie Américaine en salles et 4 mois après la sortie Française. Le film est édité par Wild Side Vidéo et sortira sous plusieurs éditions, les éditions DVD seront simple et collector, la première ne permettra pas de voir le film en 3D alors que la seconde aura les versions 2D et 3D avec les lunettes. Les éditions Blu-Ray seront aussi simple et collector, les deux versions permettront de voir le film en 2D et 3D de nouveau avec les lunettes, ces versions contiennent quelques bonus en plus des versions DVD1. Il y a donc au total 4 versions différentes de Piranha 3D en vidéo, ce qui démontre que le film veut faire une carrière dans ce secteur. Par ailleurs, l'argument de vente des versions collector joue sur la 3D, notamment la 3D active considérée comme la plus performante et la plus proche de l'expérience au cinéma.
Par contre, le film n'a pas bénéficié de sortie VOD lors de sa sortie en salle ni même par la suite, alors que le marché de la vidéo à la demande est en plein essor, on aurait pu croire que le film serait aussi disponible sur différente plate-forme de téléchargement payante. Néanmoins, la bande annonce et des extraits du film peuvent être téléchargés gratuitement sur le site de Canal Play, le service de téléchargement de vidéo du groupe Canal Plus2.
Le film bénéficie de deux bandes originales toute deux sorties aux Etats-Unis en Août 2010 et éditées par Lakeshore Records. La première est destinée au public adolescent, le CD reprenant des musiques électronique d'artistes et de DJ actuels, tel Beni Benassi ou encore Steve Aoki, que le spectateur peut entendre lors des scènes de fêtes3. La seconde est une musique originale composée par Michael Wandmacher qui est destinée à ponctuer les scènes du film et à accentuer la mise en scène, notamment lors des moments de terreur ou de supense, elle est bien plus cinématographique4.
Conclusion
Pour conclure, Piranha 3D est un film tout à fait rentable pour ses producteurs et distributeurs, si bien qu'une suite est déjà en chantier, sobrement appelé Piranha 3DD (le terme DD désigne aux États-Unis les gros bonnets pour soutien gorge, ce qui laisse présager une suite dans le même esprit érotique que le premier). Le film d'Alexandre Aja prouve que le public d'aujourd'hui est très réceptif aux films-hommage d'une certain époque du cinéma Hollywoodien, comme si l'industrie d'Hollywood ne pouvait plus produire de films de qualités sans s'inpirer ou tirer ses racines d'un cinéma antérieur. Par ailleurs, le film confirme la « suprématie » de la 3D depuis Avatar de James Cameron, puisque même les sociétés de productions indépendantes se lance dans la production de film spectaculaire reposant sur cette technique. Nous pouvons citer la New Line qui a produit le film Destination Finale 4 en 3D en 2009, ou encore Twisted Pictures qui a produit Saw VII en 3D et distribué par la première société de distribution indépendante canadienne, Lions Gate.
Étude réalisée en partenariat avec Alexandre Garel dans le cadre d'un travail universitaire
Introduction du blog
Qu'est ce que l'écriture ? Une convention de symboles écrits à l'encre, taillés dans le marbre, gravés dans le bois ou écrits à même la peau ; une représentation graphique d'une langue. Une expression du Monde uniquement humaine en somme.
L'être humain à également tenté de décrire son environnement et sa façon de le percevoir à travers un mélange de pigments appelé peinture, il recréé alors un univers du bout de son pinceau.
En 1822, Nicéphore Nièpse invente une nouvelle façon de décrire le monde. Plus besoins de passer par la peinture ou l'encre, il vient de capturer l'essence même de la vie : la lumière. Elle décrit le monde à elle seule et vient imprimer le bitume de Judée pour former une œuvre, à la fois humaine et naturelle. Ainsi l'Homme peut maintenant décrire le monde, la vie, sa vie avec un nouvel outil : la photographie.
Il faut ensuite attendre 1895 pour qu' Auguste et Louis Lumière ajoutent ce qui manquait à cette lumière vitale : le mouvement. 24 photographies qui passent devant l'œil sur une durée d'une seconde et qui forment une œuvre à leur tour.
À partir de là, le cinéma, ce nouvel art si proche de l'Homme et de son Monde peut tout décrire, avec tous les points de vue : il est capable de lire à l'intérieur de l'âme de chaque être vivant , arbre, animal ou humain et chaque humain peut y projeter personnellement son âme, y recréer son monde interieur car la caméra apparaît comme un second œil : elle capte la lumière et c'est ensuite à l'esprit de la traduire en un message, en une perception.
Tous mes courts-métrages sont visionables à cette adresse :
http://www.youtube.com/user/Remy24d#p/u
L'être humain à également tenté de décrire son environnement et sa façon de le percevoir à travers un mélange de pigments appelé peinture, il recréé alors un univers du bout de son pinceau.
En 1822, Nicéphore Nièpse invente une nouvelle façon de décrire le monde. Plus besoins de passer par la peinture ou l'encre, il vient de capturer l'essence même de la vie : la lumière. Elle décrit le monde à elle seule et vient imprimer le bitume de Judée pour former une œuvre, à la fois humaine et naturelle. Ainsi l'Homme peut maintenant décrire le monde, la vie, sa vie avec un nouvel outil : la photographie.
Il faut ensuite attendre 1895 pour qu' Auguste et Louis Lumière ajoutent ce qui manquait à cette lumière vitale : le mouvement. 24 photographies qui passent devant l'œil sur une durée d'une seconde et qui forment une œuvre à leur tour.
À partir de là, le cinéma, ce nouvel art si proche de l'Homme et de son Monde peut tout décrire, avec tous les points de vue : il est capable de lire à l'intérieur de l'âme de chaque être vivant , arbre, animal ou humain et chaque humain peut y projeter personnellement son âme, y recréer son monde interieur car la caméra apparaît comme un second œil : elle capte la lumière et c'est ensuite à l'esprit de la traduire en un message, en une perception.
Tous mes courts-métrages sont visionables à cette adresse :
http://www.youtube.com/user/Remy24d#p/u
lundi 21 mars 2011
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire